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- 22
- km
- 5 250
- pays
- 5Namibie · Botswana · Zimbabwe · Zambie · Afrique du Sud
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Trois semaines de piste au volant d’un 4×4 équipé d’une tente de toit, du sud de la Namibie jusqu’aux chutes Victoria, et retour. Forêts de kokerbooms, canyon de la Fish River, dunes rouges du Namib, côte des Squelettes, éléphants du désert du Damaraland ; puis la bande de Caprivi et le parc de Bwabwata, la traversée du Botswana, le Zimbabwe et la Zambie de part et d’autre du Zambèze, avant de revenir par les rives du Chobe et de redescendre vers Etosha. Quatre pays, et une seule route qui se déroule sous des ciels immenses — puis une escale à Johannesburg avant le retour.
Deux fils ont guidé ce voyage. D’un côté, l’empreinte de la colonisation allemande, encore lisible dans l’architecture de Lüderitz et de Swakopmund, dans les maisons ensablées de Kolmanskop — et dans la mémoire plus sombre des années 1904–1908. De l’autre, une Namibie qui a inscrit la protection de l’environnement dans sa Constitution et confié une partie de sa faune aux communautés locales : un véritable laboratoire de l’écotourisme, prolongé au-delà des frontières par les grands parcs du Chobe et du Zambèze.
Forêt de kokerbooms, Keetmanshoop
Namibie
Premier soir, premier choc : les kokerbooms, ces aloès arborescents dont les San taillaient jadis les carquois, se découpent sur un ciel qui vire du bleu à l’orange. La nuit tombée, la Voie lactée s’élève au-dessus de leurs silhouettes — un ciel austral d’une pureté que je n’avais encore jamais vue.
Par la route↗ 138 km
Canyon de la Fish River
Namibie
De longues lignes droites, des montagnes tabulaires, puis le sol s’ouvre : l’un des plus grands canyons du monde, où la rivière serpente plus de cinq cents mètres plus bas. Nous avons dormi sur le plateau, la tente dépliée sur le toit du 4×4, pour voir le soleil se coucher dans la faille et, au matin, embraser les falaises d’un coup.
Par la route↗ 189 km
Aus et les chevaux du Namib
Namibie
En route vers l’ouest, une carcasse de pick-up rouille au bord de la piste. Sur le plateau de Garub, près d’Aus, vivent des chevaux sauvages dont l’origine reste débattue — montures abandonnées par l’armée allemande ou les troupes sud-africaines pendant la Première Guerre mondiale. Ils broutent une herbe rare au pied des montagnes, aux côtés des oryx.
Par la route↗ 90 km
Lüderitz
Namibie
Lüderitz, premier comptoir allemand du Sud-Ouest africain, regarde l’Atlantique avec ses maisons Art nouveau aux couleurs vives et la Felsenkirche perchée sur son rocher. Au bout de la baie, le phare de Shark Island domine l’endroit où s’élevait, entre 1905 et 1907, le camp de concentration où périrent tant de Nama et de Herero. Le soir, un remorqueur passe devant le soleil couchant.
Par la route↗ 9 km
Kolmanskop
Namibie
À l’aube, Kolmanskop. Une ville née du diamant en 1908, opulente, puis abandonnée au milieu du siècle, que le désert reprend pièce par pièce. Le sable s’engouffre par les portes, monte en vagues contre les murs bleus et rouges, remplit à moitié une baignoire ; la lumière rasante dessine sur ces dunes d’intérieur des fenêtres qui n’ouvrent plus sur rien.
Par la route↗ 141 km
Aux portes du NamibRand
Namibie
La piste remonte vers le nord le long des monts Tiras. Des chevaux paissent sur la plaine rouge, un nid géant de républicains alourdit un acacia. Le soir, les nuages rosissent au-dessus des crêtes, puis la nuit tombe sur l’une des réserves de ciel étoilé les plus sombres de la planète.
Par la route↗ 67 km
Duwisib et le Naukluft
Namibie
Au milieu de nulle part, le château de Duwisib, bâti en 1909 par un baron allemand, aligne trophées et lustres comme dans un manoir de Saxe. Puis le Namib-Naukluft étage ses chaînes bleues ; le sable rouge, poussé par le vent, grimpe à l’assaut des montagnes sombres. En chemin : des springboks, un nid communautaire grand comme une hutte, et même un rhinocéros noir à l’ombre d’un acacia.
Par la route↗ 136 km
Sossusvlei
Namibie
Nous sommes entrés dans le parc à l’ouverture des portes pour gravir Big Daddy dans la lumière rasante. D’en haut, les dunes — parmi les plus hautes du monde — deviennent de pures abstractions : arêtes tranchantes, ombres bleues, cuvettes d’argile blanche. Un oryx solitaire traverse la pente, minuscule.
À pied↗ 6 km
Deadvlei
Namibie
Au pied de Big Daddy, Deadvlei : une cuvette d’argile blanche où des acacias morts depuis des siècles, noircis par le soleil, n’ont jamais pourri faute d’humidité. Contre le mur orange de la dune encore à moitié dans l’ombre, leurs silhouettes tordues semblent dessinées à l’encre.
Par la route↗ 216 km
Walvis Bay
Namibie
La lagune de Walvis Bay accueille des milliers de flamants roses et nains, de pélicans et d’avocettes. Le soir, le soleil plonge derrière leurs silhouettes ; au matin, le brouillard côtier efface l’horizon et les oiseaux semblent flotter dans un pastel sans limite. Plus loin, les salines teintent l’eau de rose.
Par la route↗ 46 km
Sandwich Harbour
Namibie
Au sud de Walvis Bay, à Sandwich Harbour, les dunes tombent directement dans l’océan. On n’y accède qu’en 4×4, à marée basse, en roulant sur la plage entre les rouleaux et le sable ; puis il faut descendre des pentes vertigineuses. Des cormorans du Cap se serrent sur la grève, un springbok s’aventure jusque dans les dunes côtières.
Par la route↗ 77 km
Swakopmund
Namibie
Colombages, tourelles et enseignes en allemand : avec la Woermannhaus ou l’immeuble Hohenzollern, Swakopmund semble une petite station balnéaire de la Baltique posée entre désert et Atlantique. Le soir, les cormorans se perchent sur la rambarde de la jetée, qui s’embrase au soleil couchant.
Par la route↗ 117 km
Côte des Squelettes et Cape Cross
Namibie
Le long de la côte des Squelettes, l’épave du chalutier Zeila est battue par les vagues sous le regard des cormorans. À Cape Cross, là où le navigateur portugais Diogo Cão planta un padrão en 1486, une colonie d’otaries à fourrure du Cap occupe la plage par milliers, dans un vacarme et une odeur inoubliables. Puis la route s’enfonce dans la brume, droite et vide.
Par la route↗ 95 km
Brandberg
Namibie
Quittant la côte, nous entrons dans le Damaraland. Le massif du Brandberg, point culminant de la Namibie, s’embrase au couchant — d’où son nom de « montagne de feu ». Au matin, dans ses abris de granit, des antilopes peintes par les San traversent la roche en procession, rouges et blanches, depuis des millénaires.
Par la route↗ 65 km
Twyfelfontein
Namibie
À Twyfelfontein, inscrit au patrimoine mondial, plus de deux mille gravures rupestres couvrent les dalles de grès rouge : girafes, rhinocéros, empreintes, et ce fameux lion à la queue interminable terminée par une patte. Des écoles de chasseurs, disent certains : une carte du monde animal, gravée là où l’eau ne manquait pas.
Par la route↗ 9 km
Les éléphants du désert, Damaraland
Namibie
Dans les lits de rivières asséchées du Damaraland vivent des éléphants adaptés au désert, capables de parcourir des dizaines de kilomètres pour trouver de l’eau. Une famille broute les acacias dans la lumière dorée, un éléphanteau court dans la poussière avant de se réfugier sous sa mère. Ici, une partie de la faune est gérée par des réserves communautaires (conservancies) : le tourisme finance directement la cohabitation entre villageois et animaux sauvages.
Par la route↗ 390 km
De la Forêt pétrifiée à la météorite de Hoba
Namibie
Une longue journée de route vers l’est. Près de Khorixas, des troncs fossilisés depuis quelque deux cent quatre-vingts millions d’années gisent à même le sol ; près de Grootfontein, la météorite de Hoba, plus de soixante tonnes de fer, n’a jamais bougé depuis sa chute. Le soir, un dik-dik nous observe depuis les herbes sèches.
Par la route↗ 604 km
Kavango et bande de Caprivi
Namibie
Cap au nord-est : le désert cède la place à la savane boisée et aux villages du Kavango, où les troupeaux rentrent dans la poussière. La bande de Caprivi, étroit corridor hérité d’un traité de 1890 entre l’Allemagne et la Grande-Bretagne, s’enfonce entre l’Angola, la Zambie et le Botswana. Le parc national de Bwabwata en couvre une grande partie : éléphants, zèbres, buffles et babouins se succèdent aux points d’eau.
Par la route↗ 12 km
Bwabwata, rives du Kwando
Namibie
Dernier jour dans le parc national de Bwabwata, côté Kwando, là où la rivière s’étale en chenaux et en plaines inondables. Au fil d’un safari : des familles d’éléphants, des grands koudous aux cornes spiralées, des impalas, des gnous, des hippopotames dans les chenaux et des cobes lechwe rouges dans les herbes noyées. Un parc singulier, où des communautés vivent encore au milieu de la faune.
Par la route↗ 271 km
Chutes Victoria (Zimbabwe)
Zimbabwe
Une traversée du Botswana par Kasane et le poste frontière de Kazungula, et nous voici côté Zimbabwe, où le Zambèze se jette d’un coup dans une faille de plus de cent mètres, sur près de deux kilomètres de large. Mosi-oa-Tunya, « la fumée qui gronde » : de la cataracte du Diable à Danger Point, le sentier longe le bord de la gorge dans les embruns, un arc-en-ciel accroché à la paroi. Après des semaines de sable, l’eau a quelque chose d’irréel.
Par la route
Le pont des chutes Victoria, vers la Zambie
Zambie
Le pont métallique des chutes Victoria, achevé en 1905, enjambe la gorge de Batoka plus de cent mètres au-dessus du Zambèze ; il marque la frontière entre le Zimbabwe et la Zambie. Nous l’avons franchi pour passer côté zambien, vers Livingstone, la ville qui porte le nom de l’explorateur écossais, premier Européen à décrire les chutes, en 1855.
Par la route↗ 76 km
Retour par le Botswana : Kasane et le Chobe
Botswana
Sur le chemin du retour, le Botswana encore, et cette fois les rives du Chobe, l’une des plus fortes concentrations d’éléphants d’Afrique. Aux heures chaudes, un troupeau d’éléphants se serre à l’ombre des arbres, une forêt de pattes grises d’où dépasse parfois une trompe d’éléphanteau. Le soir, le soleil se couche sur le Chobe, et la rivière garde longtemps les couleurs du ciel.
Par la route↗ 379 km
Popa Falls et rivière Okavango
Namibie
De retour en Namibie, une matinée au bord de l’Okavango, près des rapides de Popa Falls : hippopotames à demi immergés, crocodile immobile dans les roseaux, martins-pêcheurs pies et géants, guêpiers carmin et tantales ibis à l’affût. Le fleuve file ensuite vers le Botswana, où il se perdra dans les sables du Kalahari.
Par la route↗ 496 km
Etosha, de Namutoni à Halali
Namibie
Nous sommes entrés dans Etosha par l’est, par l’ancien fort allemand de Namutoni, et l’avons traversé le long de son immense pan de sel blanc. En saison sèche, toute la vie converge vers les points d’eau : zèbres, koudous, springboks, girafes au galop, et ces éléphants poudrés de calcaire, blancs comme des fantômes, qui traversent la piste sans se soucier des voitures.
Par la route↗ 56 km
Etosha, vers l’ouest
Namibie
Deuxième jour dans le parc, vers l’ouest. Une lionne vient boire à midi, une girafe écarte les pattes pour atteindre l’eau, une éléphante protège son petit contre ses flancs. Sur le calcaire blanc, la lumière est si dure qu’elle efface les couleurs — seuls les zèbres semblent faits pour elle.
Par la route↗ 60 km
Okaukuejo, le point d’eau
Namibie
À Okaukuejo, le camp donne directement sur un point d’eau éclairé la nuit. En fin de journée, les zèbres puis les éléphants viennent boire dans l’eau dorée ; quand le soleil disparaît, un rhinocéros noir s’avance et son reflet s’allume d’orange, puis de rose. Les girafes suivent dans le crépuscule, et plus tard, sous les projecteurs, plusieurs rhinocéros boivent côte à côte.
Par la route↗ 202 km
Okonjima
Namibie
Au sortir d’Etosha, dernière étape avant Windhoek, dans une réserve dédiée à la protection des grands félins. Une dernière nuit sous la Voie lactée, puis, au petit matin, un léopard qui flaire les buissons, traverse la piste et s’arrête quelques instants contre un tronc. Autour, des bubales roux s’affrontent dans l’herbe dorée — le plus bel au revoir possible.
En avion↗ 1 303 km
Johannesburg
Afrique du Sud
Une dernière escale à Johannesburg avant le vol du retour. Au musée de l’Apartheid, le ticket d’entrée vous classe au hasard « Blancs » ou « Non-Blancs », et chacun passe par la porte qui lui est assignée : la visite commence par la ségrégation elle-même. Dehors, des murs de gabions, des piliers de béton gravés des valeurs de la Constitution et, au-dessus d’un bassin, la phrase de Nelson Mandela : être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes, c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres.
Arrivée
Fin du voyage
22 jours · 5 250 km · 28 étapes
Galeries des pays traversés












































































































































































