
Vers la dernière frontière
De Singapour à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, voyage aux confins de l’Orient
10 juillet – 22 août 2023
- jours
- 44
- km
- 11 877
- pays
- 3Singapour · Indonésie · Papouasie
- photos
- 113
De la ville-État la plus moderne d’Asie aux vallées les plus reculées de la planète : ce voyage a suivi l’arc de l’archipel indonésien, de volcan en île, jusqu’à la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Là-bas, ce n’est plus une destination, c’est un autre monde — que nous avons rejoint par la frontière terrestre, puis parcouru en stop, en bateau, en bus et en pirogue. Le long du fleuve Sepik, sur les rives de la mer de Bismarck puis dans les Hautes-Terres, nous avons découvert une terre où la nature et la tradition restent indissociables — une terre de fleuves, d’oiseaux de paradis et de peuples dont la beauté tient à leur authenticité.
Singapour
Singapour
Point de départ : Singapour, ses tours de verre et de végétation, ses ruelles de service où la ville montre son envers. Un concentré d’Asie moderne avant de partir vers les confins. Le soir, Marina Bay Sands et le lotus du musée ArtScience s’allument au-dessus de la baie.
En avion↗ 893 km
Jakarta
Indonésie
Une nuit à Jakarta, la capitale indonésienne, avant de traverser Java en train.
En train↗ 430 km
Yogyakarta, Prambanan et Borobudur
Indonésie
Le train nous emmène de Jakarta à Yogyakarta. Au cœur de Java, Yogyakarta reste la ville du sultan et des arts traditionnels. Tout autour, les temples hindous de Prambanan et le grand mandala bouddhique de Borobudur témoignent de la splendeur des royaumes javanais. Sur les terrasses de Borobudur, des bouddhas méditent à demi cachés dans leurs stupas ajourés.
En train↗ 251 km
Malang, le village multicolore
Indonésie
Nouvelle journée de train, vers l’est de Java. À Malang, le kampung de Jodipan, autrefois un bidonville gris au bord de la rivière, a été repeint de toutes les couleurs par ses habitants. Vu du ciel, c’est une palette renversée ; dans les ruelles, des enfants posent en riant, et la voie ferrée sert de rue. Une petite utopie de peinture au cœur de Java.
Par la route↗ 177 km
Kawah Ijen
Indonésie
Le bus nous emmène de Malang vers l’est. À l’extrémité orientale de Java, nous montons dans la nuit vers le cratère du Kawah Ijen. À l’aube, une mer de nuages s’étend sous la crête, et au fond du cratère apparaît le lac acide, d’un turquoise irréel, voilé par les fumées de soufre. Le soir, la Voie lactée se lève au-dessus des volcans.
Par la route↗ 23 km
Le détroit de Bali
Indonésie
Sur la côte est de Java, face au détroit, nous attendons le ferry. Le soleil se couche derrière les volcans javanais, tandis que de l’autre côté de l’eau, le mont Agung, montagne sacrée de Bali, émerge des nuages. Une barque de pêcheur passe dans la dernière lumière.
Par la route↗ 31 km
Pemuteran
Indonésie
Une traversée en ferry, puis la route jusqu’à Pemuteran, au nord-ouest de Bali.
Par la route↗ 59 km
Bali, Jatiluwih et Batukaru
Indonésie
Au cœur de Bali, au pied du Batukaru, les rizières en terrasses de Jatiluwih, fraîchement inondées, dessinent du ciel des courbes de miroir ; un paysan au chapeau conique y travaille à la main, comme depuis des siècles. Plus haut, dans la forêt, les pagodes à toits multiples du Pura Luhur Batukaru se perdent dans la brume.
Par la route↗ 21 km
Sangeh, Ubud et Tanah Lot
Indonésie
Dans la forêt sacrée de Sangeh, une fête de temple : les femmes portent sur la tête des tours d’offrandes, le barong est paré de fleurs, et les macaques veillent sur tout cela du haut des arbres. Autour d’Ubud, les masques de topeng grimacent dans la pénombre d’un musée. Le dernier soir, Tanah Lot se découpe sur l’océan, battu par les vagues, tandis qu’un pêcheur lance sa ligne depuis les rochers.
En avion↗ 1 964 km
Sorong
Indonésie
Une journée d’avions, via Makassar, jusqu’à Sorong, à la pointe de la Papouasie occidentale : la porte de Raja Ampat.
En bateau↗ 73 km
Raja Ampat
Indonésie
À l’extrême est de l’Indonésie, Raja Ampat égrène ses îles dans une mer d’émeraude. Vus du ciel, bancs de sable et lagons intérieurs dessinent des anneaux turquoise ; sous l’eau, tortues imbriquées et bancs de poissons évoluent sur des récifs parmi les plus riches du monde. Nous logeons chez l’habitant sur l’île de Kri ; le soir, le soleil se couche derrière le ponton.
En bateau↗ 46 km
Piaynemo
Indonésie
Après une longue traversée en bateau rapide, nous grimpons les marches du belvédère de Piaynemo : sous nos pieds, un labyrinthe de pitons calcaires couverts de forêt, posés sur des chenaux turquoise. Le drone révèle un dédale encore plus vaste, et dans une lagune cachée, un village sur pilotis. Les jours suivants, nous passons d’un hébergement chez l’habitant à l’autre, sur d’autres îles de l’archipel.
En avion↗ 1 182 km
Jayapura
Indonésie
Un vol nous mène à Jayapura, capitale de la Papouasie indonésienne, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière.
Par la route↗ 67 km
Frontière de Wutung et Vanimo
Papouasie
Depuis la Papouasie indonésienne, nous passons en Papouasie-Nouvelle-Guinée par la frontière terrestre de Wutung, l’une des plus isolées du monde. À partir de là, plus de plan fixe : stop, bateaux, bus et pirogues nous mèneront, à leur rythme, jusqu’à Wewak et au Sepik. Première étape : Vanimo, sur la côte.
En bateau↗ 127 km
Aitape
Papouasie
De Vanimo, un bateau nous emmène le long de la côte nord jusqu’à Aitape. Dans la végétation, les carcasses d’avions de la Seconde Guerre mondiale rappellent les combats qui ont ravagé cette région ; les villageois vivent aujourd’hui au milieu de ces épaves. La nuit, nous dormons dans un camp forestier.
Par la route↗ 149 km
Wewak
Papouasie
Le lendemain, nous rejoignons Wewak le long de la côte, où nous attrapons le bus pour le fleuve.
Par la route↗ 78 km
Pagwi
Papouasie
Le bus nous dépose à Pagwi, au bord du Sepik : la porte du fleuve, où l’on embarque sur les pirogues.
En bateau↗ 42 km
Villages du Sepik
Papouasie
De Pagwi, la pirogue nous mène à Ambunti, puis le long du Sepik jusqu’à Tambunum, de village en village, là où le temps semble suivre le rythme de l’eau. Les maisons des esprits, les haus tambaran, dressent leurs pignons peints au-dessus des villages, gardiennes des secrets d’initiation.
En bateau↗ 76 km
Ambunti, festival du Crocodile
Papouasie
Le festival du Crocodile du Sepik : des jours de tambours, de danses et de couleurs, avec des tribus venues de loin dans leurs parures traditionnelles. Sur le dos des initiés, les scarifications imitent les écailles du crocodile, ancêtre des peuples du fleuve. Dans les arbres alentour, les oiseaux de paradis paradent.
À pied
Ambunti, masques et esprits
Papouasie
Le deuxième jour, les esprits sortent : masques de bois noir et rouge, costumes de fibres qui ne laissent rien voir de celui qui les porte. Les visages peints de blanc et de noir se couronnent de cauris ; sur le dos d’un guerrier, les cicatrices dessinent les écailles du crocodile. Puis nous reprenons la pirogue, et la plaine du Sepik s’étend à perte de vue sous les montagnes.
En bateau↗ 40 km
Retour à Pagwi
Papouasie
La pirogue nous ramène d’Ambunti à Pagwi, d’où nous regagnons la côte.
En bateau↗ 86 km
Île Mushu, mer de Bismarck
Papouasie
Nous quittons le fleuve pour la côte. Au large de Wewak, l’île Mushu s’étire dans la mer de Bismarck : villages sous les cocotiers, soirées autour du feu, couchers de soleil sur les îles voisines. Une respiration maritime après l’intensité du Sepik.
En avion↗ 319 km
Madang
Papouasie
De Wewak, un court vol nous dépose à Madang, sur la côte, au pied des Hautes-Terres. De là, c’est en bus que nous gravissons la route des montagnes.
Par la route↗ 102 km
Vallée de l’Asaro, près de Goroka
Papouasie
De Madang, le bus nous hisse jusqu’à Goroka, dans les Hautes-Terres, où l’air se rafraîchit et où les montagnes abritent d’innombrables communautés. Nous passons plusieurs jours avec les Mudmen de l’Asaro, célèbres pour leurs masques de boue, entre les jardins, les ruches et les feux de défrichage. Un soir, les hommes revêtent leurs masques d’argile et s’avancent à pas lents, lance à la main, comme des revenants.
Par la route↗ 153 km
Kumul Lodge, forêts de nuages
Papouasie
Autour de Kumul Lodge, dans les forêts d’altitude de l’ouest des Hautes-Terres, nous guettons les oiseaux à l’aube : loriquets, perroquets, et la longue queue blanche de l’astrapie à rubans. Les vallées se perdent dans les nuages.
Par la route↗ 30 km
Festival du mont Hagen
Papouasie
Le festival du mont Hagen réunit des centaines de groupes venus de tout le pays, chacun avec son identité, sa musique, sa gestuelle. Wigmen huli aux visages jaunes, Mudmen de l’Asaro, danseurs squelettes du Chimbu : une mosaïque vivante de cultures, de visages et d’histoires.
À pied
Mont Hagen, les danseurs squelettes
Papouasie
Le second jour du festival, les danseurs squelettes du Chimbu traversent l’arène, corps peints d’os blancs sur fond noir, langue tirée, gestes saccadés. Autour d’eux, des anciens aux coiffes de mousse sourient de toutes leurs rides, des masques rouges et noirs surgissent de la foule. On ne sait plus où regarder : chaque visage raconte une vallée.
En avion↗ 514 km
Port Moresby
Papouasie
Le jour même, un vol nous emmène du mont Hagen à Port Moresby, la capitale, pour une dernière nuit en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
En avion↗ 4 943 km
Retour à Singapour
Singapour
Retour à Singapour, et choc des mondes. Après les Hautes-Terres, les Supertrees illuminés et la baie de Marina semblent appartenir à un autre siècle. La boucle est bouclée, aux confins de l’Orient et de la modernité. Dernière image avant l’envol : la cascade de verre du Jewel, à l’aéroport de Changi, qui tombe du ciel dans une forêt d’intérieur.
Arrivée
Fin du voyage
44 jours · 11 877 km · 29 étapes
Galeries des pays traversés
















































































































