
Le voyage a commencé le long du Nil — une descente dans l’histoire et dans la chaleur, des monuments de l’Égypte aux déserts immémoriaux du Soudan. Au nord de Khartoum, les pyramides koushites surgissent du sable, silencieuses et fières, gardiennes de la mémoire de royaumes oubliés. Dans les villages nubiens, le fleuve dicte encore le rythme de la vie, s’écoulant sans relâche entre solitude et lumière.
L’expédition devait remonter le Nil jusqu’à ses sources, mais la situation géopolitique nous a contraints à nous arrêter à Khartoum, là où se rejoignent le Nil Blanc et le Nil Bleu. Ce confluent est devenu à la fois une fin et un commencement — la promesse de revenir un jour, et d’aller plus loin vers le sud.
Cette route a fini par nous mener en Namibie, autre terre d’extrêmes : des dunes à perte de vue sous des ciels aveuglants, le silence envoûtant de la côte des Squelettes, et la vie indomptée d’Etosha et d’autres parcs naturels. De là, nous avons mis le cap au nord-est, roulant à travers des horizons déserts jusqu’aux chutes Victoria, où le désert cède enfin la place à l’eau et à la brume.
À Madagascar, le voyage a pris un autre rythme — de l’effervescence d’Antananarivo, la capitale, aux paysages reculés du Nord. À chaque étape se dévoilait un monde nouveau : des forêts tropicales grouillant de lémuriens, des pistes bordées de baobabs, la terre rouge, et une palette de sons et de couleurs qu’on ne trouve nulle part ailleurs.
Chacun de ces voyages, du Nil au Namib jusqu’à Madagascar, m’a fait pénétrer un peu plus avant dans l’immensité de l’Afrique — un continent qui ne cesse de m’émerveiller et de me rappeler à l’humilité.





