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- 19
- km
- 891
- pays
- 2Jordanie · Égypte
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Peu de terres empilent autant de strates d’histoire sur si peu de distance. En août 2025, nous avons traversé la Jordanie du nord au sud en suivant, à peu de chose près, la route des Rois — cette voie que les Hébreux, selon le livre des Nombres, demandèrent à emprunter pour traverser Édom, que les caravanes nabatéennes chargèrent d’encens et que Trajan fit paver sous le nom de Via Nova Traiana. Statues néolithiques d’Aïn Ghazal, cités romaines de la Décapole, palais omeyyades du désert, mosaïques byzantines de Madaba, forteresses croisées de Kerak et de Shobak : chaque étape ajoutait une couche au palimpseste.
Puis vint la pierre à l’état pur : les façades roses et dorées de Pétra, les montagnes de grès du Wadi Rum sous la Voie lactée. Nous avons franchi le golfe d’Aqaba en ferry jusqu’au Sinaï égyptien, gravi de nuit le mont Moïse pour voir le jour se lever sur un chaos de granite, avant de finir le voyage là où le désert plonge dans la mer Rouge : à Dahab, sous l’eau, parmi les coraux.
Amman
Jordanie
Le voyage commence sur les collines d’Amman, l’antique Philadelphie de la Décapole. Sur la Citadelle, les colonnes du temple d’Hercule, élevé sous Marc Aurèle, dominent le théâtre romain creusé à flanc de colline et l’océan de maisons blanches. Au Musée de Jordanie, les statues de plâtre d’Aïn Ghazal, vieilles de près de neuf mille ans, nous fixent de leurs grands yeux cernés de bitume — parmi les plus anciennes figures humaines monumentales connues. Le soir, la ville se retrouve sur Rainbow Street, sous les guirlandes colorées.
Par la route↗ 64 km
Les châteaux du désert
Jordanie
À l’est d’Amman, la steppe s’ouvre sur les « châteaux du désert » des califes omeyyades. Qasr Kharana, massif et aveugle comme un fort, puis Qusayr Amra, petit pavillon de bains du début du VIIIe siècle dont les fresques — chasses, baigneuses, musiciens et un ciel zodiacal peint sous la coupole — lui ont valu son inscription à l’UNESCO. À Azraq, la forteresse de basalte noir où Lawrence passa l’hiver 1917 ; au matin, les buffles d’eau et les libellules de la dernière oasis du désert oriental, que le pompage pour Amman a presque asséchée.
Par la route↗ 62 km
Hallabat et Umm el-Jimal
Jordanie
Sur la route du nord, Qasr al-Hallabat raconte à lui seul plusieurs siècles : un fort romain du limes, devenu monastère puis palais omeyyade, avec à quelques kilomètres les bains de Hammam as-Sarah. Plus loin, Umm el-Jimal, l’« oasis noire » : une ville entière de basalte, nabatéenne puis romaine et byzantine, où les arcs des églises tiennent encore debout dans le vent chaud, à quelques kilomètres de la frontière syrienne.
Par la route↗ 74 km
Umm Qais et Pella
Jordanie
À l’extrême nord, Umm Qais — l’antique Gadara, patrie de poètes et de philosophes grecs, et la terre des « Gadaréniens » de l’Évangile — domine le lac de Tibériade, le Golan et la vallée du Yarmouk. Son théâtre et sa rue à colonnades sont taillés dans le basalte sombre. Le lendemain, en descendant vers la vallée du Jourdain, Pella, autre cité de la Décapole, où selon Eusèbe se réfugièrent les chrétiens de Jérusalem avant la chute du Temple.
Par la route↗ 46 km
Ajloun et Jérash
Jordanie
Au-dessus des oliveraies, le château d’Ajloun fut élevé en 1184 par un lieutenant de Saladin pour surveiller les Croisés et les mines de fer de la région. Puis Jérash, l’antique Gérasa, l’une des villes romaines les mieux conservées d’Orient : la place ovale et son anneau de colonnes, le cardo pavé encore marqué par les roues des chars, le nymphée, le théâtre sud et, tout en haut, les colonnes du temple d’Artémis.
Par la route↗ 31 km
As-Salt
Jordanie
As-Salt fut, à la fin de l’époque ottomane, la ville la plus importante de la région, bien avant Amman. Ses maisons de calcaire doré, aux fenêtres en arc et aux vitraux colorés, s’étagent sur trois collines ; la ville est inscrite à l’UNESCO depuis 2021 pour sa tradition de tolérance et d’hospitalité. Dans le souk, on nous tend le thé et les sourires.
Par la route↗ 14 km
Iraq al-Amir et Béthanie
Jordanie
Au fond d’une vallée verdoyante, Qasr al-Abd est un rare témoin de l’époque hellénistique : un palais du IIe siècle av. J.-C., attribué par Flavius Josèphe à Hyrcan le Tobiade, aux blocs colossaux ornés de lions et de félins. Plus bas, au bord du Jourdain, Béthanie-au-delà-du-Jourdain, le site où la tradition place le baptême du Christ par Jean : bassins byzantins, églises orthodoxes, et la rive d’en face à quelques mètres.
Par la route↗ 52 km
Wadi Mujib et mer Morte
Jordanie
Le Wadi Mujib se jette dans la mer Morte par un siq étroit aux parois de grès rouge, que l’on remonte les pieds dans l’eau jusqu’à une cascade. Puis la mer Morte, à plus de 430 mètres sous le niveau de la mer : une eau turquoise et immobile, des croûtes de sel, et une brume chaude qui efface la rive d’en face.
Par la route↗ 35 km
Mont Nebo et Madaba
Jordanie
Du mont Nebo, d’où Moïse, selon le Deutéronome, contempla la Terre promise sans y entrer, le regard porte sur la vallée du Jourdain jusqu’à Jéricho. Dans la basilique, les mosaïques byzantines déploient chasses, lions et chameaux. À Madaba, la « ville des mosaïques », l’église Saint-Georges conserve la carte de la Terre sainte du VIe siècle, avec Jérusalem et ses remparts ; dans le parc archéologique, oiseaux, grenades et figures mythologiques couvrent encore les sols.
Par la route↗ 60 km
Umm ar-Rasas, la route des Rois et Kerak
Jordanie
À Umm ar-Rasas, l’antique Kastron Mefaa, la tour d’un stylite se dresse seule dans la steppe, et l’église Saint-Étienne garde une mosaïque de 718 où figurent les villes de Terre sainte et du delta du Nil. Nous rejoignons ensuite la route des Rois, qui plonge en lacets dans le canyon du Wadi Mujib avant de remonter vers Kerak. La forteresse croisée, bâtie en 1142 et tenue par Renaud de Châtillon, tomba aux mains de Saladin en 1188 ; ses longues galeries voûtées sont toujours là.
Par la route↗ 57 km
Dana et Shobak
Jordanie
Le vieux village ottoman de Dana s’accroche au rebord d’une immense vallée qui descend vers le Wadi Araba. Au lever du jour, les dômes de grès blanc et ocre, les veines colorées de la roche, une fleur sauvage, et un agame du Sinaï d’un bleu électrique. Plus au sud, le château de Shobak — le « Montréal » des Croisés, fondé en 1115 par Baudouin Ier — veille sur sa colline nue.
Par la route↗ 42 km
Pétra
Jordanie
On entre à Pétra comme les caravanes nabatéennes, par le Siq, un kilomètre de faille rose qui s’ouvre soudain sur la façade du Khazneh, le « Trésor ». Le lendemain, nous le voyons d’en haut avant de grimper au Haut Lieu du Sacrifice, puis aux quelque huit cents marches du Deir, le Monastère, qui s’embrase dans la lumière du soir. À la nuit, le Trésor s’éclaire sous les étoiles.
À pied
Pétra, tombeaux royaux et Bédouins
Jordanie
Deuxième journée dans la cité rose : les tombeaux royaux, le Grand Temple et la rue à colonnades, puis de nouveau le Trésor vu des hauteurs. Les Bédouins Bdoul, qui vécurent longtemps dans les grottes de Pétra, y vendent thé et bijoux, et se prêtent parfois au portrait. Au musée, les dieux nabatéens aux yeux géométriques rappellent que derrière les façades hellénisées vivait une religion bien à elle.
Par la route↗ 86 km
Petite Pétra et Wadi Rum
Jordanie
Le matin, la Petite Pétra (Siq al-Barid), relais caravanier des Nabatéens, où un plafond peint du Ier siècle déroule encore ses vignes, ses oiseaux et ses amours — une peinture nabatéenne d’une rareté extrême. L’après-midi, le Wadi Rum : une vieille locomotive du chemin de fer du Hedjaz crache sa fumée noire dans le sable, puis les inselbergs de grès surgissent du sable rouge. La nuit, au campement, la Voie lactée se lève au-dessus des dunes.
Par la route↗ 8 km
Wadi Rum en 4x4
Jordanie
Une journée entière à travers la « vallée de la Lune » : pétroglyphes de chameaux et de chasseurs, inscriptions thamoudéennes et nabatéennes, arches naturelles, rochers en champignon et dunes ridées par le vent. Les chameaux se reposent au pied des massifs. Le soir, depuis une crête, le soleil sombre derrière les pics déchiquetés, puis la Voie lactée revient sur le camp.
Par la route↗ 46 km
Aqaba
Jordanie
En quittant le Wadi Rum, un dernier regard aux Sept Piliers de la Sagesse, la falaise baptisée d’après le livre de Lawrence. À Aqaba, le seul port du royaume, le fort mamelouk du début du XVIe siècle porte encore les armes hachémites : c’est ici que les forces de la Révolte arabe entrèrent en 1917. Au-delà du golfe, les montagnes du Sinaï.
En bateau↗ 149 km
Mont Sinaï et Sainte-Catherine
Égypte
Le ferry nous fait traverser le golfe d’Aqaba jusqu’à Nuweiba, dans le Sinaï égyptien, et l’ascension du Djebel Moussa commence en pleine nuit, sous un ciel criblé d’étoiles. Au sommet, à 2 285 mètres, le jour se lève sur un chaos de granite rose et violet, là où la tradition situe la remise des Tables de la Loi. Au pied de la montagne, le monastère Sainte-Catherine, fondé sous Justinien au VIe siècle, abrite le Buisson ardent et l’une des plus anciennes bibliothèques chrétiennes ; ses gardiens bédouins somnolent à l’ombre des portes.
Par la route↗ 55 km
Dahab, le Blue Hole
Égypte
Fin du voyage : à Dahab, le désert tombe directement dans la mer Rouge. Au nord de la ville, près du Blue Hole, nous plongeons depuis la plage, le long de tombants couverts de coraux et de nuages d’anthias orange. Les failles et les grottes filtrent des rayons de lumière où tournoient des bancs de poissons de verre ; un poisson-lion se cache dans une anfractuosité.
Par la route↗ 9 km
Dahab, sous la mer Rouge
Égypte
Les derniers jours se passent sous l’eau. Une tortue verte broute le récif, une raie à points bleus se repose sur le sable, et la nuit, à la lampe, le récif change de visage. Le matin du départ, un jardin de coraux durs d’une densité folle, et un banc de poissons scintillant dans le bleu — après les déserts de pierre, la mer Rouge.
Arrivée
Fin du voyage
19 jours · 891 km · 19 étapes
Galeries des pays traversés









































































































































