
- années
- 2020–2025
- km
- 9 204
- pays
- 6Suède · Norvège · Allemagne · Finlande · Estonie · France
- photos
- 128
Tout a commencé en février 2020, au-dessus du cercle polaire, en Laponie suédoise. Nous voulions voir les aurores boréales, sentir le vrai froid, vivre un hiver plus blanc que partout ailleurs. Nous avons découvert le silence de la neige, l’attente sous un ciel glacé, les yeux levés pendant des heures — et ce moment où un voile vert se met soudain à danser au-dessus de nos têtes. Depuis, nous ne cessons de repartir. Trois voyages, trois routes : en 2020, la Suède, de Stockholm jusqu’à Abisko par le train de nuit ; en 2022, la Norvège, d’Oslo et Bergen aux fjords de Tromsø et aux Lofoten ; en 2025, toute la Finlande, rejointe sans avion depuis Paris — le train jusqu’à Hambourg, le train de nuit vers Stockholm, puis le ferry jusqu’à Helsinki — puis parcourue en voiture jusqu’à la frontière norvégienne et aux rives de la mer de Barents, avant un retour par Tallinn.
La quête des aurores est un projet au long cours, toujours en cours. Son horizon : aller voir l’aurore boréale dans chacun des pays où elle peut être observée — l’Islande, le Groenland, le Canada, l’Alaska, l’Écosse, la Russie… Chaque voyage ajoute une nouvelle route à cette quête sans fin à travers le Grand Nord.
Stockholm
Suède
Tout commence à Stockholm, un soir de février 2020. Depuis les hauteurs, la ville scintille au bord de l’eau ; nous n’y restons que le temps de monter dans le train de nuit qui part vers le nord.
En train↗ 726 km
Luleå et Gammelstad
Suède
Une nuit de train plus tard, la neige a tout recouvert. À Luleå, au bord du golfe de Botnie, la mer est gelée : les brise-glaces attendent à quai et des cerfs-volants de kitesurf glissent sur la banquise. Tout près, à Gammelstad, la vieille église de pierre est entourée de centaines de petites maisons rouges, la ville-église où les familles venaient autrefois dormir les jours de messe.
En train↗ 340 km
Abisko et le lac Torneträsk
Suède
Depuis Luleå, le train nous emmène encore plus au nord, jusqu’à Abisko, à 200 km au nord du cercle polaire. Le Torneträsk, gelé sur 70 kilomètres, devient notre terrain de jeu : pêche sous la glace, motoneige, et en face, la silhouette parfaite de Lapporten, la « porte de la Laponie ». Les nuits, nous attendons sur la glace, puis au sommet du Nuolja : un premier voile vert se lève au-dessus du lac, timide, puis il se met à onduler. C’est notre première aurore.
Par la route↗ 92 km
Kiruna et Jukkasjärvi
Suède
À Jukkasjärvi, au bord de la rivière Torne, l’Icehotel est reconstruit chaque hiver avec la glace de la rivière : des chambres sculptées qui fondront au printemps. Le lendemain matin, le givre a tout recouvert ; vue du drone, la taïga n’est plus qu’une mosaïque de sapins blancs. Sur la route, des rennes traversent sans se presser — ici, c’est nous qui sommes de passage.
Par la route↗ 264 km
Forêts de Laponie, vers Arvidsjaur
Suède
Nous redescendons vers le sud à travers une forêt sans fin, où un élan nous observe longuement entre les pins. Le soir, depuis une petite maison rouge au bord d’un lac gelé, l’aurore revient une dernière fois au-dessus de la Voie lactée. Le froid mord les doigts sur le trépied, mais personne ne veut rentrer.
En avion
Oslo
Norvège
Février 2022 : cette fois, le voyage commence à Oslo, sous un soleil d’hiver : le tremplin de Holmenkollen, l’opéra qui semble glisser dans le fjord gelé, l’hôtel de ville de brique au bord du port.
En train↗ 305 km
Bergen
Norvège
Le train nous emmène d’Oslo à Bergen, de l’autre côté des montagnes. Deux jours sur la côte ouest : les ruelles de bois et les maisons colorées de Bryggen, le long du port, puis la neige qui tombe à la nuit sur les façades illuminées.
En train↗ 305 km
Oslo
Norvège
Le train nous ramène à Oslo, d’où nous nous envolons vers le Grand Nord.
En avion↗ 1 113 km
Balsfjord, au sud de Tromsø
Norvège
Un vol vers Tromsø, et deux ans après la Suède, nous voici de retour au-dessus du cercle polaire. L’après-midi, les sommets s’embrasent de rose au-dessus du fjord ; la nuit venue, le ciel explose. Le vent solaire, ce flot de particules arraché au Soleil, vient heurter la haute atmosphère : l’oxygène s’illumine en vert, et sur le bord inférieur des draperies, l’azote dessine des franges violettes.
Par la route↗ 68 km
Fjords au nord de Tromsø
Norvège
Au bord de l’eau, un troupeau de rennes broute ce que la neige veut bien laisser, indifférent à notre présence. La lumière d’hiver reste rasante toute la journée : elle peint les montagnes en rose et bleu pâle, et transforme les galets gelés de la grève en bijoux de glace.
Par la route↗ 44 km
Kvaløya
Norvège
Sur l’île de Kvaløya, la mer elle-même a gelé en plaques qui craquent sous nos pas, entre des maisons de pêcheurs rouges et jaunes. Dans un bois de bouleaux, un couple d’élans nous fixe un instant avant de disparaître. Les pics sortent de l’eau comme des dents blanches.
Par la route↗ 69 km
Sur la route de Senja
Norvège
Les cascades se sont figées en orgues de glace le long de la route. En fin de journée, les nuages se déchirent et des rayons de lumière tombent sur le fjord. Puis, au-dessus des lumières d’un village, l’aurore se pose sur les montagnes, comme un rideau qu’on aurait tiré sur la nuit.
Par la route↗ 227 km
Îles Lofoten, de Reine à Hamnøy
Norvège
Les Lofoten sont une muraille de granit dressée au milieu de la mer de Norvège. À Reine et Hamnøy, les rorbuer rouges des pêcheurs s’accrochent aux rochers, les séchoirs croulent sous les morues, et un surfeur défie une eau glaciale. Le Gulf Stream adoucit l’hiver ici, mais les tempêtes, elles, ne font pas de cadeau.
Par la route↗ 188 km
Narvik
Norvège
Il faut déjà quitter les Lofoten. Nous reprenons la route vers l’est, de pont en tunnel, jusqu’à Narvik, au fond de son fjord, d’où nous redescendrons vers le sud.
En avion↗ 1 001 km
Retour à Oslo
Norvège
L’avion nous ramène à Oslo pour une dernière journée. Au musée, les trésors des Vikings ; dehors, le soleil bas de mars embrase les façades de verre d’Aker Brygge et de Tjuvholmen, au bord du fjord.
En train
Paris
France
Février 2025 : pour la Finlande, nous partons de chez nous, à Paris, et sans avion. Un vendredi après-midi, le train quitte la gare de l’Est, change à Mannheim et nous dépose le soir même à Hambourg.
En train↗ 743 km
Hambourg
Allemagne
Première étape : une nuit près de la gare centrale, puis une journée entière à Hambourg. Nous passons de l’hôtel de ville aux canaux de briques de la Speicherstadt, jusqu’à l’Elbphilharmonie, dont la vague de verre domine le port de l’Elbe. Le soir, après la Kunsthalle, nous montons dans le train de nuit pour Stockholm.
En train↗ 810 km
Stockholm
Suède
Le train de nuit nous dépose à Stockholm un dimanche matin, cinq ans après notre premier voyage. Sous un ciel d’un bleu parfait, nous retrouvons les clochers de Gamla stan, l’hôtel de ville au bord de l’eau gelée, puis le Vasa, ce vaisseau du XVIIᵉ siècle qui sombra lors de son voyage inaugural. En fin d’après-midi, nous embarquons sur le ferry de nuit pour Helsinki.
En bateau↗ 396 km
Helsinki
Finlande
Une nuit sur la Baltique, et le ferry venu de Stockholm nous dépose au matin à Helsinki. Nous passons la journée en ville, où la cathédrale blanche domine la place du Sénat sous un ciel d’un bleu glacé.
Par la route↗ 619 km
Kemi
Finlande
Le lendemain, nous récupérons une voiture de location à l’aéroport d’Helsinki et filons plein nord : c’est par la route que nous monterons, et par la route que nous redescendrons. Première nuit à Kemi, au fond du golfe de Botnie. Le Soleil est au plus fort de son cycle de onze ans, et les aurores n’ont jamais été aussi généreuses : dès le premier soir, le ciel s’embrase au-dessus de la forêt. Quand l’aurore passe juste au-dessus de nos têtes, les rayons semblent converger vers un point : c’est la « couronne », la perspective des lignes du champ magnétique terrestre.
Par la route↗ 473 km
Jääjärvi, près de la frontière norvégienne
Finlande
Une longue route vers le nord, jusqu’aux confins de la commune d’Inari, à quelques kilomètres de la Norvège. Notre camp de base pour une semaine : une cabane au bord du lac gelé de Jääjärvi. La nuit, l’aurore envahit tout le ciel, puis se tord en spirales au-dessus des pins ; le jour, nous marchons en raquettes sur les fjelds, dans un silence total.
Par la route↗ 41 km
Kirkenes et le Sør-Varanger
Norvège
Depuis Jääjärvi, une incursion jusqu’au bout de la Norvège, à quelques kilomètres de la frontière russe. Les fjords du Varanger s’étirent sous un ciel bas ; à Kirkenes, le monument aux soldats soviétiques qui libérèrent la ville en 1944 côtoie une camionnette barrée de « Stop War ». Le bout du monde n’échappe pas à l’Histoire.
Par la route↗ 41 km
La nuit rouge, Jääjärvi
Finlande
La nuit la plus folle de toutes. Pendant plus de trois heures, le ciel entier vire au rose et au rouge au-dessus de notre cabane de Jääjärvi. Ce rouge, c’est encore l’oxygène, mais très haut, au-delà de 200 kilomètres d’altitude, là où l’air est si ténu qu’il ne s’allume que lors des tempêtes géomagnétiques les plus fortes. Nous avons arrêté de photographier un moment, juste pour regarder.
Par la route↗ 90 km
Vallée et fjord du Tana
Norvège
Autre journée en Norvège : nous suivons le Tana, le fleuve-frontière entre Finlande et Norvège, jusqu’à son fjord sur la mer de Barents. Ici, l’arbre renonce : il ne reste que la toundra, des troupeaux de rennes des éleveurs sames, et sur la grève, une dentelle de glace que la marée dépose sur le sable.
Par la route↗ 261 km
Vuotso, cap au sud
Finlande
Le retour commence : nous quittons Jääjärvi par la longue route qui traverse la Laponie du nord au sud, jusqu’à Kemi. Vu du ciel, un canal d’eau noire fend la forêt blanche ; les arbres, chargés de neige jusqu’à la cime, ressemblent à des sentinelles figées.
Par la route↗ 286 km
Kemi, au bord du golfe de Botnie
Finlande
Retour à Kemi, sur la côte, là où la Baltique est prise par les glaces. Nous pensions l’aventure terminée, mais le dernier soir, bien au sud du cercle polaire, l’aurore se lève encore, immense, verte et pourpre. Comme une promesse : la quête n’est pas finie.
Par la route↗ 620 km
Retour à Helsinki
Finlande
Toute la Finlande à refaire en sens inverse, du golfe de Botnie jusqu’à la Baltique. À Helsinki, nous rendons la voiture et montons sur le bateau pour traverser le golfe de Finlande.
En bateau↗ 82 km
Tallinn
Estonie
À midi, le ferry quitte Helsinki et traverse le golfe de Finlande : nous voilà en Estonie. Dernière escale dans la vieille ville de Tallinn : remparts et tours aux toits rouges, place de l’hôtel de ville, ruelles pavées et coupoles de la cathédrale Alexandre-Nevski, entre Hanse et Russie. Le lendemain, l’avion nous ramène à Paris.
Arrivée
Fin du voyage
2020–2025 · 9 204 km · 28 étapes
Galeries des pays traversés































































































































