
Au-delà de l’Amazone
De Belém aux montagnes équatoriennes et à la côte Pacifique
11 juillet – 24 août 2019
- jours
- 45
- km
- 4 556
- pays
- 3Brésil · Pérou · Équateur
- photos
- 119
En 2019, presque sur un coup de tête, nous avons décidé de suivre le fleuve de l’Atlantique jusqu’au Pacifique, en bateau tant que c’était possible, jusqu’aux volcans de l’Équateur — avec pour seul horaire le lent rythme de l’eau. Hamacs suspendus sur le pont, escales dans de petites communautés, chant des insectes et bruit de la pluie : pendant quatre semaines, nous avons dérivé à travers la jungle.
De Belém à Manaus, puis sur le Solimões jusqu’à la triple frontière, à Iquitos et le long du Napo, le fleuve nous a menés jusqu’en Équateur. Là, la route a pris le relais : les volcans des Andes, les marchés indiens d’Otavalo, et enfin l’océan, où les baleines à bosse viennent mettre bas.
Belém
Brésil
Belém, à l’embouchure du fleuve, porte de l’Amazonie. Au marché du Ver-o-Peso, les barques colorées s’entassent sur la baie de Guajará, et dans la vieille ville les façades d’azulejos rappellent la fortune du caoutchouc. Au port, on choisit un bateau, on achète un hamac, et l’on cherche une place sur le pont parmi des dizaines d’autres. Le départ se fait au soir, dans un enchevêtrement de cordes et de couleurs.
En bateau↗ 221 km
Le bas Amazone et les détroits de Breves
Brésil
Pour rejoindre le cours principal, le bateau se faufile dans les chenaux étroits qui découpent l’île de Marajó. La forêt frôle presque le bastingage. Des enfants surgissent en pirogue des maisons sur pilotis et pagaient vers nous à toute vitesse.
En bateau↗ 477 km
Santarém, Alter do Chão et le Tapajós
Brésil
À Santarém, les eaux claires du Tapajós rejoignent le flot boueux de l’Amazone, et la ligne de partage se voit depuis le bateau. En amont, à Alter do Chão, des bancs de sable blanc dessinent des plages de mer intérieure. En cette saison, la crue n’est pas encore retombée : les arbres ont les pieds dans l’eau, les maisons flottent sur leurs îlots. Le soir, le ciel s’embrase au-dessus des quais.
En bateau↗ 595 km
Manaus
Brésil
Au cœur de la forêt, la ville du caoutchouc et son opéra, le Teatro Amazonas, dont la coupole aux couleurs du Brésil domine les toits ; à l’intérieur, un rai de lumière traverse les loges dorées. Sur le rio Negro, les maisons flottantes montent et descendent avec la crue, et le marché Adolpho Lisboa déborde de poissons du fleuve. Juste en aval, le rio Negro, noir, et le Solimões, couleur de terre, coulent côte à côte sans se mélanger. Ici, on change de bateau pour remonter vers l’ouest.
En bateau↗ 677 km
Sur le Solimões
Brésil
Des jours entiers à remonter le courant. Le bateau s’arrête au moindre village pour décharger des sacs, des moteurs, des passagers. Sur les berges, un pêcheur lance son épervier, une famille passe en pirogue sous une ombrelle rose : la vie du fleuve défile au ralenti.
En bateau↗ 215 km
Les dauphins roses du Solimões
Brésil
Lors d’une escale, des garçons jouent au football sur la berge boueuse ; derrière eux, un boto, le dauphin rose de l’Amazone, jaillit hors de l’eau. Personne ne lève la tête : ici, les dauphins font partie du paysage, comme les aigrettes sur les rives et les nuages qui s’embrasent chaque soir au-dessus du fleuve.
En bateau↗ 256 km
Tabatinga — la triple frontière
Brésil
Le Brésil, la Colombie et le Pérou se touchent ici, au milieu du fleuve. On traverse une rue pour passer de Tabatinga à Leticia, puis on fait tamponner son passeport sur une île pour entrer au Pérou. Dans les eaux de la frontière, les peque-peque, pirogues à long arbre moteur, font la navette ; nous accrochons nos hamacs sur un nouveau bateau, direction Iquitos.
En bateau↗ 372 km
Iquitos
Pérou
La plus grande ville du monde inaccessible par la route. Mototaxis, marché flottant de Belén, maisons à balcons héritées de l’époque du caoutchouc : Iquitos est une ville-port tournée tout entière vers le fleuve.
En bateau↗ 36 km
La forêt autour d’Iquitos
Pérou
Quelques jours dans un lodge en forêt près d’Iquitos, loin des grands bateaux. En pirogue, nous glissons entre les troncs de la forêt inondée ; vu du ciel, le fleuve n’est plus qu’un ruban brun dans un océan vert. La nuit, à la lampe frontale, les mygales sortent sur les troncs de bananiers. Au petit matin, la brume s’accroche à la canopée.
À pied↗ 4 km
Les habitants de la canopée
Pérou
Le guide frappe doucement un tronc creux : trois têtes rondes aux yeux immenses apparaissent, des singes de nuit dérangés dans leur sommeil. Plus loin, un titi roux nous observe sans bouger, un paresseux s’étire au ralenti, des ouistitis pygmées, pas plus grands qu’une main, picorent des bananes. Et partout, les cotingas d’un bleu irréel, les libellules, les scorpions qui luisent dans la nuit.
En bateau↗ 131 km
Le long du Napo
Pérou
Nous quittons l’Amazone pour remonter le Napo vers l’Équateur, à bord d’un bateau de marchandises. Les escales se font dans de petites communautés riveraines, puis à Santa Clotilde : un escalier taillé dans la berge, des enfants curieux, du linge qui sèche entre les arbres. Après la frontière de Nuevo Rocafuerte, encore de longues heures de pirogue à moteur jusqu’à Coca : c’est là que s’achève le voyage sur l’eau.
Par la route↗ 591 km
Quito
Équateur
De Coca, en une journée de bus, on passe de la jungle à près de trois mille mètres. La route grimpe dans les nuages, les versants se couvrent de páramo. Quito, ville coloniale accrochée aux flancs du Pichincha, nous accueille dans la fraîcheur. Nous grimpons dans les tours et sous les toits de la basilique du Vœu national, d’où la ville s’étale jusqu’au Panecillo ; le soir, sa façade s’illumine.
À pied↗ 10 km
Rucu Pichincha
Équateur
Au-dessus de Quito, le téléphérique dépose les marcheurs à quatre mille mètres, et le sentier continue sur la crête du Rucu Pichincha. Le souffle court, entre les fleurs orange de chuquiragua, nous voyons soudain surgir le cône enneigé du Cotopaxi au-dessus des nuages. Quelques jours plus tard, nous y retournons : le sentier s’enfonce cette fois dans la brume.
Par la route↗ 46 km
Mitad del Mundo et lagune de Mojanda
Équateur
Un pied dans chaque hémisphère, au monument de la Mitad del Mundo, puis cap au nord. Dans le páramo, la lagune de Mojanda repose au fond d’une caldeira, sous la crête déchiquetée du Fuya Fuya. Le vent, l’herbe rase, l’eau sombre : un paysage de bout du monde à deux heures de Quito.
Par la route↗ 12 km
Otavalo et la lagune de Cuicocha
Équateur
Le marché d’Otavalo, l’un des plus célèbres des Andes : chapeaux de feutre, colliers dorés, blouses brodées. Tout près, la lagune de Cuicocha remplit le cratère d’un volcan, avec ses deux îles boisées au centre.
Par la route↗ 199 km
Chimborazo
Équateur
Le sommet du Chimborazo est le point de la surface terrestre le plus éloigné du centre de la Terre, grâce au renflement de l’équateur. Sous un ciel d’un bleu profond, le volcan enneigé domine les hauts plateaux où paissent les vigognes.
Par la route↗ 160 km
Cuenca
Équateur
Plus au sud, Cuenca, la plus douce des villes coloniales andines. Les coupoles bleu céleste de la nouvelle cathédrale émergent des toits de tuiles, avec les montagnes en toile de fond. Dans les églises, orgues et plafonds peints ; dans les rues, des fresques murales donnent un visage à la ville d’aujourd’hui.
Par la route↗ 230 km
Olón et Montañita
Équateur
Enfin le Pacifique. Après des semaines de fleuve et de montagnes, les rouleaux viennent mourir sur les longues plages grises d’Olón et de Montañita. Vu du ciel, l’écume dessine des dentelles sur le sable.
Par la route↗ 27 km
Puerto López et l’île de la Plata
Équateur
À l’aube, les barques des pêcheurs de Puerto López s’alignent sur la plage. Au large, de juin à septembre, les baleines à bosse jaillissent hors de l’eau. Sur l’île de la Plata, les fous à pattes bleues paradent et couvent leurs poussins sans se soucier de nous. Le fleuve est loin : la boucle est bouclée, d’un océan à l’autre.
Par la route↗ 296 km
Retour à Quito
Équateur
Un dernier matin dans la vieille ville de Quito, avant le vol du retour. Sur la Plaza Grande, la ville s’éveille ; à l’intérieur de la Compañía de Jesús, l’or des retables baroques brille dans la pénombre. Après la boue du fleuve et le vent des volcans, tant de dorures ont quelque chose d’irréel.
Arrivée
Fin du voyage
45 jours · 4 556 km · 20 étapes
Galeries des pays traversés






















































































































